samedi 4 juillet 2009
Caché... Coucou !
Oui, oui, on était un peu cachés ces derniers temps : fin d'année scolaire oblige, beaucoup de travail pour la maitresse que je suis. Mais ça y est : "Coucou les vacances nous voilà !"
A suivre !
vendredi 12 septembre 2008
Dans la vie faut pas s'en faire...
Après moult appels désespérés aux différentes autorités compétentes : notre CLIS a récupéré son AVS !!! (Vive les sigles de l'éducation nationale)
Les élèves commencent à prendre leurs repères, la maitresse aussi. On commence à passer de bons moments en classe, on s'achemine à petits pas vers mon objectif pour ce premier mois de classe : Leur faire aimer leur classe, faire en sorte qu'ils se sentent heureux d'aller à l'école, les mettre en confiance (Entraide, non jugement...). Pas simple avec des élèves qui ont un vécu scolaire parfois bien difficile.

mardi 2 septembre 2008
Coup de gueule du soir bonsoir
Pré-rentrée aujourd'hui
Rentrée demain
Une maitresse désœuvrée je suis...
- Une CLIS de type 1 (handicap mental)
- 8 ou 9 ou 10 élèves (surprise, on verra demain)
- 5 ou 6 ou 7 nouveaux élèves venant de tous horizons (mais qui seront demain surement encore plus désœuvrés que leur maitresse dans cette nouvelle école avec cette nouvelle maitresse et cette nouvelle classe au nom bizarre)
- Aucunes infos sur eux (je ne connais ni leur parcours, ni leur niveau... rien)
- Pas d'AVS (Auxiliaire de vie scolaire = la dame qui aide la maitresse et surtout les élèves) avant le 6 novembre (l'administration s'est plantée dans les dates et ne veut pas revenir en arrière donc je suis toute seule jusqu'au 6 novembre et mon AVS est au chômage jusqu'au 6 novembre !)
- Un si petit bébé qui attend désespérément que je rentre pour pouvoir manger (parce que le biberon, non, ça ne lui plait toujours pas)
dimanche 20 juillet 2008
Mange-chaussettes gare à toi !
Après s'être demandé de nombreuses fois où pouvait bien se cacher le monstre dévoreur de chaussettes (dans le panier à linge sale ? Dans la machine à laver ? Sous le lit ?)
Après avoir stocké des montagnes de chaussettes orphelines dans la "boite à chaussettes toutes seules" en espérant en vain que leurs copines réapparaitraient.
Après avoir vu le problème s'aggraver considérablement depuis la venue des mini-chaussettes de la crevette qui ont encore plus tendance à disparaitre.
On a enfin trouvé la solution :
lundi 16 juin 2008
Paternage
Oui, j'ai porté Charlie pendant 9 mois (euh... plutôt 8 en fait) et Rodolphe n'a pas pu le faire.
Oui, je l'allaite et ça non plus Rodolphe ne peut pas le faire...
Mais il y a tellement d'autres choses à faire pour "paterner" son fils :
Calins - bisous (beaucoup beaucoup et même des qui piquent) - jeux - bain (dès la maternité) - chansons - cododo - change - portage en écharpe - portage sans écharpe - peau à peau...
Charlie a un papa formidable.
Des témoignages de papas sur l'allaitement et le maternage ici
jeudi 17 avril 2008
Vous inquiétez pas, c'était super quand même !
En lisant vos derniers commentaires je m'aperçois que je n'ai peut être pas assez insisté sur les bons côtés de notre accouchement :
- Rodolphe a été Monsieur Parfait. Il est toujours resté près de moi, de 23h (heure d'arrivée à la maternité) à 10h23 (heure de naissance de la crevette)... il s'est juste éclipsé quelques minutes pour fumer 1 seule cigarette (alors qu'il n'y a pas si longtemps il en aurait fumé une par heure :-)) Il a lutté contre le sommeil pour ne pas s'endormir. Quand les contractions arrivaient il les voyait tout de suite venir. Il s'arrêtait de parler et faisait tout son possible pour que je les passe le plus agréablement possible. En salle d'accouchement il est resté près de moi, m'a dit des mots doux, a toujours gardé le contact avec moi mais sans être trop envahissant (parfois une main juste posée sur l'épaule vaut mieux que toutes les papouilles du monde). Et pendant qu'on me labourait le ventre et que la crevette était dans sa couveuse à ma gauche, Rodolphe, qui était à ma droite et qui avait furieusement envie d'aller faire connaissance avec son fils m'a gentiment demandé "Est-ce que tu veux que j'aille voir la crevette ?" Moi à ce moment là, la crevette ce n'était plus qu'un rêve lointain et je ne voulais pas rester à souffrir tout seule alors, égoïste personne que je suis, je me suis empressée de dire "Oh non, reste avec moi !". Il est resté près de moi jusqu'à la fin. Bref il a été super top. (Après coup je me suis dit pauvre Charlie qui est resté à attendre tout seul dans sa couveuse)
- Le sage homme était super aussi. Et c'est quand même lui qui a géré tout seul tout l'accouchement. Le lieutenant n'était là que pour le surveiller en quelque sorte... et avait parfois du mal à tenir sa langue. Et puis elle ne m'a pas du tout traumatisée. Je trouvais même le personnage assez comique. Elle m'a juste un tout petit peu énervé des fois... mais rien de bien grave. Je garde plutôt le souvenir du p'tit monsieur bien sympathique et plein de petites attentions (tendre un drap pour m'envelopper dedans pour passer d'une salle à l'autre pour ne pas avoir à me balader trop dévêtue dans les couloirs, aller me chercher une serviette de l'hôpital pour sortir du bain pour ne pas que je salisse la mienne...)
- Dans l'ensemble, nos choix ont été respectés et ils ont fait de leur mieux pour rester respectueux avec nous 3 malgré les circonstances (bon, à part peut être pour le coup du placenta où ils auraient pu être un peu plus patients). Mon seul regret (et pas des moindres) c'est que la première rencontre avec Charlie n'aie pas été vraiment fabuleuse... trop courte et trop vite effacée par la douleur. Mais ça c'était surtout la faute a pas de chance (ou à monsieur cordon qui a décidé de s'enrouler autour du petit cou de Charlie, à monsieur placenta qui a fait des siennes etc.)
Et puis la preuve que ça n'a pas été si dur, au contraire, c'est qu'une des premières choses que j'ai dites à Rodolphe une fois l'accouchement terminé (mais avant la délivrance, je l'avoue) c'est que s'il le fallait j'étais prête à recommencer le lendemain sans problème !

Ce serait tellement plus simple... mais tellement moins chouette !
mercredi 16 avril 2008
... Et Charlie est arrivé !
Voilà, voilà ! Le récit de l'arrivée de Charlie, suite et enfin fin !
Jeudi 27 mars 2008, 9h30
Je suis donc enfin arrivée sur la table d’accouchement. On a baissé la lumière. Le grand voyage pouvait commencer.
Difficile de trouver une position confortable. 2 poussées à 4 pattes… plus de forces pour rester comme ça. 2 poussées sur le côté… pas très efficace et puis je me sens pas bien comme ça.
- Le lieutenant-accoucheur : « Bon, il va falloir trouver une position et pousser pour de vrai là ! Vous voulez vous mettre comment ? »
- Moi, après avoir fouillé dans mon cerveau avec très grande difficulté avant de m’apercevoir qu’il était devenu tout vide et que je ne voyais plus du tout comment je pouvais me mettre, malgré mes très nombreuses lectures sur le sujet : « Euh… j’en sais rien »
- Le lieutenant : « Vous pouvez vous mettre sur le dos »
Je suis furieuse qu’elle ne me propose rien d’autre. Je sais que c’est la pire position pour accoucher, que ce n’est pas ça qui va aider mon bébé Charlie dans son périple, mais mon cerveau est tout ramolli et je n’ai pas envie de gaspiller le peu d’énergie que j’ai encore pour discuter de ça. Je préfère l’utiliser à aider la crevette à sortir de là. Je m’exécute. En fait je vais finir en position semie-assise, c’est pas pire.
Au début les poussées ne sont pas efficaces : je ne pousse pas assez longtemps, et je n’ai pas du tout pigé comment pousser. J’entends le gentil petit monsieur me parler, mais comme le lieutenant parle en même temps que lui et beaucoup plus fort, tout s’embrouille dans ma tête et je ne comprend pas grand-chose (voire rien du tout). Au bout d’un moment j’entends quand même le lieutenant brailler :
« Aller, il faut pousser là, parce que votre bébé commence à fatiguer » Vrai ou pas, maintenant je me le demande, mais sur le moment, mon sang n’a fait qu’un tour. J’étais furieuse contre elle qu’elle me foute la trouille comme ça... même si c’est vrai, y’a des manières de le dire quand même. Je me suis dis que là il fallait vraiment que je fasse quelque chose. Euh, oui, certes mais quoi ? Mon cerveau s’est un peu remis en marche.
- Moi, à moi-même «Depuis le début le petit monsieur te répète la même chose… il va falloir que tu comprennes quoi, ça doit être utile»
Alors je me suis répété ses paroles dans ma tête. Je les avais entendues, mémorisées, mais pas comprises. « Poussez le plus longtemps possible » « Poussez comme pour faire caca » Les 2 phrases clé. Les 2 phrases magiques qui ont fait naitre Charlie. Simple, court, efficace. Il est top ce sage-homme. J’aurais dut l’écouter dès le début.
Donc j’ai poussé comme pour faire caca, le plus longtemps possible :-) Et là, Charlie a pu commencer son voyage vers la sortie. Le sage-homme me félicitait. Même le lieutenant avait l’air content de moi. Rodolphe était présent, tout près de moi, il parlait peu, et je l’en remercie, j’avais déjà assez de mal à capter les paroles des 2 « sage-personnes » qui étaient là.
Quelques poussées… à chaque poussée les sage-personnes me félicitent. Mais moi je commence à désespérer, j’ai l’impression que ça va encore durer des heures. J’ai l’impression qu’on me félicite pour pas que je me décourage. On me propose de toucher ses cheveux entre 2 poussées. Je touche. Et je dis :
« Non, c’est pas sa tête, c’est tout mou ! » On me dit que si, mais j’ai du mal à y croire.
Nouvelle poussée. Le lieutenant et le sage-homme me gratifient encore de « Oui, c’est ça !» « Super !» « Très bien !» ils commencent à m’énerver, je n’y crois plus. Mais tout d’un coup j’entends Rodolphe, qui jusque là avait été très rassurant mais discret, crier quelque chose du genre « Oh purée ! ». Alors je me dis que là, ça y est, on est proche du but, tout d’un coup je reprend des forces, je suis surmotivée, je pousse de toutes mes forces, il est temps de la rencontrer cette crevette ! Sa tête sort.
Et là gros doute dans ma tête. Tout ce qui va suivre se passe en ¼ de seconde. Je ne suis pas au bout de ma poussée, j’ai fais une pause mais je peux encore pousser. Mais est-ce que je dois le faire ? Je crie « Qu’est-ce que je dois faire ??!! » Pas de réponse. J’ai l’impression que si je relâche, tout va se resserrer et que Charlie va être littéralement étranglé-broyé. Je retente « Qu’est ce que je fais ???!!! » Toujours pas de réponse. Il y a de l’agitation autour de moi mais j’ai l’impression de n’être plus qu’un fantôme, comme si on ne se souciait plus du tout de moi, qu’on ne m’entendait même plus. Re-grand moment de solitude. Alors je prends une décision, parce qu’il faut bien faire quelque chose. Je pousse, je pousse, je pousse (longtemps et comme pour faire caca :-)). Et là soudainement, je me suis retrouvée dans un film comique. J’ai senti Charlie sortir d’un coup, comme un bouchon de champagne (Il a été carrément expulsé à 100 à l’heure selon Rodolphe) et j’entends un gros SPLATCH contre le mur (Quand on sortira de la salle quelques heures plus tard je m’apercevrai que le tour de la table d’accouchement ressemble à une scène de crime : grosses éclaboussures rouges à 3m à la ronde).
En fait, ce que j’ai su plus tard c’est que quand la tête de Charlie est sortie, il avait 2 tours de cordon autour du cou. Donc les sage-personnes devaient couper le cordon au plus vite (dommage, Rodolphe n’a pas pu le faire). C’est pour ça que personne ne m’a répondu quand j’ai demandé quoi faire. Et puis ils n’ont peut-être pas vraiment compris le sens de ma question parce que normalement quand la tête est sortie on s’arrête de pousser… en plus je le savais bien, mais sur le moment, avec mon cerveau tout ramolli, je l’avais oublié. Donc bref, moi j’ai poussé tout le Charlie d’un coup, il a été propulsé à l’extérieur et heureusement, le gentil monsieur a juste eu le temps de l’attraper au vol. Là encore, Rodolphe s’est fait avoir. Normalement c’était lui qui devait sortir Charlie une fois les épaules sorties. Il n’a pas eu le temps. Mais le gentil monsieur lui a tendu. Rodolphe l’a pris pour le poser sur mon ventre. Rodolphe était tout tremblant et a pleurniché un peu. Charlie aussi… enfin, il n’a vraiment pleuré que quelques petites secondes. Dès qu’il a été dans les mains de Rodolphe il s’est arrêté. Drôle d’impression pour Rodolphe : Charlie lui ressemblait tellement qu’il a eu l’impression que c’était lui-même qu’il tenait dans ses bras. Moi quand j’ai eu Charlie près de moi, je lui ai dis « Bien joué, on a réussi ! » Je l’ai gardé un peu, on en a profité un peu, un tout petit peu, pas très longtemps…
La suite a été plus compliquée. Je pensais que le plus dur était passé et que maintenant il ne restait plus que les moments agréables. Erreur. Le placenta ne voulait pas sortir, on a appuyé très fort sur mon ventre, j’avais horriblement mal. J’avais tellement mal que j’en ai oublié Charlie. De toutes façons peu après on l’a mis dans une couveuse près de moi : il s’était trop refroidi et manquait d’oxygène. Et puis j’étais toujours sur le dos, les pieds dans les étriers, et je n’arrivais plus à tenir mes jambes, plus de forces. Mes jambes tremblaient, j’avais mal aux jambes, j’avais mal au ventre. Le placenta est enfin sorti. Malheureusement il en manquait un bout. Donc retour à la case départ. On a appuyé sur mon ventre. Et puis après il a fallu me recoudre, ça a duré indéfiniment. Je n’ai pas arrêté de me plaindre, j’ai traité le gentil monsieur de tortue. J’ai demandé qu’on tienne mes jambes. Rodolphe n’a pu en tenir qu’une, l’autre était trop loin. Le petit monsieur s’est excusé de ne pas s’occuper de l’autre parce qu’il avait les mains prises. Mes jambes tremblaient, j’avais mal mal mal. Quand les points ont enfin été finis, le gentil monsieur a recommencé à me torturer le ventre parce que mon utérus ne se contractait pas. En tout j’ai du souffrir le martyre pendant environ 1h30. Ça a été 1000 fois pire que l’accouchement. Quand tout a été fini, l'inspectrice est arrivée. Moi j'ai dis "Je vous préviens, je ne recommence pas tout pour elle !".
Et puis ils nous ont enfin laissés tranquilles : Charlie, Rodolphe et moi. Rien que tous les trois dans cette grande salle déserte et silencieuse, ENFIN. Première tétée. Premier moment en famille. Notre nouvelle famille.
samedi 12 avril 2008
Le déclic
Devant l'insistance de certaines, je continue à raconter...
Mercredi 27 mars, 8h
Coup de téléphone dans la chambre :
- « Bonjour, je suis Mathieu, élève sage-femme, c’est moi qui vais vous suivre jusqu’à la fin de votre accouchement. Vous pouvez venir ? On va faire un petit contrôle. »
Rodolphe et moi on se regarde avec des yeux de merlan frit… on ne s’y attendait pas trop et ça nous fait rire, on ne peut pas dire sage-homme ?
Le sage-homme s’avère être un très gentil petit monsieur (d’ailleurs on va l’appeler comme ça jusqu’à la fin de l’accouchement : le petit monsieur) très calme, très zen, très doux… un pur bonheur. Par contre il est supervisé par une sage-femme qui fait un peu lieutenant de l’armée, dommage. Aujourd’hui il est inspecté par… euh… une inspectrice des élèves sage-homme :-) Donc il me demande mon autorisation pour que l’inspectrice assiste elle aussi à l’accouchement. Moi qui ne voulait pas trop de monde autour de nous au moment de l’accouchement, je vais être servie ! Mais bon… il est tellement sympathique que j’accepte sans broncher. (Et puis je sais ce que c’est d’être inspecté, c’est pas drôle du tout, donc je compatis !)
Il me propose d’aller faire le monitoring dans un bain chaud dans la salle d’accouchement flambant neuve et suréquipée qui est actuellement libre… ça me permettra peut être de me détendre un peu et de relancer le travail, je retournerai dans ma chambre après. Je ne me fais pas prier et je vais m’installer dans la spacieuse baignoire de luxe. Je m’assois, je me détends. Il faut que je reste assise un p’tit moment, le temps que le petit monsieur aie un p’tit bout de courbe potable pour son inspection (parce que quand je bouge, tout se barre dans la baignoire et il a un grand trou dans sa courbe). Au bout d’un moment j’en ai marre, je lui dis, donc il me dit que tant pis, c’est bon, je peux faire ce que je veux, tant pis si ça bouge ou si ça tombe. Chouette ! Et comme l’eau ça porte, je peux ENFIN me mettre accroupie. Je passe une contraction comme ça, ça fait un peu plus mal, mais je sens que c’est ce qu’il faut pour que ça avance. Deuxième contraction accroupie : je sens et j’ENTEND comme un ballon de baudruche qui éclate dans mon ventre, un liquide un peu trouble se répand dans la baignoire, j’ai super mal, je crie comme j’ai jamais crié, Rodolphe a mal pour moi.
- Moi : « Je crois que j’ai perdu les eaux »
- Rodolphe, après un coup d’œil dans la baignoire : « Euh, oui, je crois aussi :-) »
- Moi (J’ai toujours les bandes élastiques et les zinzins du monitoring autour du ventre) : « Enlève moi tous les zinzins, je supporte plus ! »
- Rodolphe : « Attends, je vais chercher quelqu’un »
- Moi : « NON !!! ENLEVE MOI D’ABORD TOUT CE BAZAR !!!! »
- Rodolphe : « Je reviens ! »
Je l’entends crier à la première personne venue dans le couloir que j’ai perdu les eaux, il revient et m’arrache tout ce que j’avais autour du ventre (Mon sauveur !)
Et là tout va super super vite : mon col est ouvert à 10cm (enfin !) j’ai perdu les eaux, je ne peux pas rester dans la baignoire, risques d’infection pour le bébé. Le problème c’est que je la crevette n’était pas censée amorcer sa sortie dans la baignoire, normalement je devais avoir largement le temps de sortir. Donc le niveau d’eau de la baignoire est plus haut que le bas de la p’tite porte de sortie de la baignoire. Il faut donc attendre qu’elle se vide pour que je puisse sortir (ou enjamber la baignoire mais ça, c’est pas possible pour moi à ce moment là !). Une autre contraction arrive : j’hurle de plus belle. Autant jusqu’à maintenant je n’avais pas du tout souffert, autant là je me dis que je n’ai jamais eu aussi mal de ma vie. Grand moment de solitude : trop tard pour demander la péridurale… et en plus on est train de m’expliquer qu’il faut que j’aille jusqu’à la table d’accouchement qui se trouve à au moins 3m de là (ça me parait infiniment loin sur le moment). Là je me remet en tête tout ce que j’ai lu avant l’accouchement : aller chercher le second souffle, comme les marathoniens - les contractions ne sont pas forcement de plus en plus douloureuses, parfois ce sont les premières les pires, le temps qu’on les apprivoise… j’entend Rodolphe me dire « Aller, il faut que tu sois courageuse, comme une princesse ! » Alors c’est parti pour le grand périple de la princesse jusqu’à son trône d’accouchement. Je crie à mes humbles serviteurs : « Aidez moi ! » Et me voilà partie, Rodolphe d’un côté, le p’tit monsieur de l’autre, on avance à 2 à l’heure… drôle de cortège. A chaque contraction on s’arrête, j’hurle à plein poumons, je me dis que j’ai jamais eu aussi mal de ma vie mais bizarrement maintenant je m’en fous, en fait ça fait même pas mal, et je me redis que je m’attendais à 1000 fois pire (je sais c’est illogique mais c’est comme ça) On arrive ENFIN sur la table d’accouchement.
Je n’ai pas peur, je ne veux absolument pas de péridurale (de toutes façons c’est bien trop tard), je supporte très bien la douleur (est-ce vraiment de la douleur ?). L’anesthésiste passe, je n’ai même pas le temps de le voir, il repart aussitôt : il a vite compris qu’il n’avait rien à faire là. A ce moment précis je suis à 4 pattes sur la table d’accouchement. J’entends juste le lieutenant-sage-femme dire :
« Non, on accouche à l’ancienne ici ! »
Une nuit sans fin
La suite du récit de l'arrivée de la crevette, pour Anne qui s'impatiente :-)
Mercredi 26 mars toujours, 23h30
On nous installe directement dans la chambre qu’on va garder pendant tout notre séjour : une bien jolie chambre toute jaune avec vue sur les montagnes.
Et là on se dit que ça y est, la crevette va arriver pour de vrai, que dans pas longtemps du tout il sera là… ça fait bizarre, on a même du mal à y croire. On a l’impression que dans un moment tout va s’arrêter et qu’on va rentrer à la maison… mais non.
Une sage-femme vient nous voir :
- « Vous avez fait le dossier d’entrée à la maternité ? »
- « On a rendez-vous demain matin à 8h avec une sage-femme pour le faire »
- « Dommage pour moi, je vais devoir le faire maintenant »
- « Vous avez fait la consultation avec l’anesthésiste ? »
- « On a rendez-vous après-demain à 8h30 »
- « Dommage pour vous :-) »
Ça ne me fait pas peur du tout puisqu’à priori je ne veux pas de péridurale.
Et là une looongue nuit commence.
Au début quand ça contracte je crie « contraction ! » pour prévenir Rodolphe parce que là c’est plus la peine de poser des questions, je ne réponds plus. Rodolphe, lui, pose sa main dans mon dos, ou frotte ou masse ou me pose des compresses chaudes ou m’aide à trouver une position confortable… Les contractions s’enchaînent… ça fait un peu mal c’est sûr mais c’est pas si désagréable que ça, je m’attendais à bien pire. Je change de position régulièrement, je mobilise le bassin pour aider la crevette à descendre. Assise sur le gros ballon, debout appuyée contre le mur, à 4 pattes par terre… Je prend une douche chaude (géniale la douche à même le sol dans la salle de bain de la chambre avec des poignées pour se tenir tout autour : on peut continuer à faire des acrobaties :-)) On va marcher dans les couloirs...
Dans la nuit on fait une pause monitoring d’une petite demie heure, tout va bien, on nous laisse repartir faire notre vie dans l’hôpital. Mon col s’ouvre tout doucement puis on stagne à 6-7cm… j’ai l’impression que j’ai besoin de me mettre à croupi pour que ça avance mais je suis crevée, je ne tiens plus sur mes jambes, même avec l’aide de Rodolphe… le jour se lève, la sage-femme qui nous a accueillis, qu’on aimait bien et avec qui on pensait accoucher rentre chez elle, on est déçus, j’ai de moins en moins de contractions, elles sont de moins en moins fortes, on en a marre, c’est long, on s’ennuie, elle arrive quand la crevette ???
A suivre
vendredi 11 avril 2008
Quand tu auras des contractions tu le sauras que c'est ça !
Mardi 25 mars 2008
Ce soir j’ai drôlement mal dans le bas du dos, sans doute ma sciatique et mes lombaires qui s’y remettent… et aussi un peu dans le bas du ventre. Douleurs ligamentaires dixit Gygy, la gyneco. Des fois ça me lance et ça fait hyper mal… mais ça finit toujours par se calmer. Je passe une nuit d’enfer. Je me réveille 44 fois.
Ça m’avait déjà fait ça il y a quelques semaines : j’avais eu drôlement peur parce que je croyais que j’allais accoucher et Rodolphe n’était pas là : dans le train au beau milieu de la France. Je m’étais même dépêché de laver des vêtements pour la crevette :-) Mais en fait ça c’était arrêté tout seul : selon gygy, au vu de mes descriptions, ce n’était pas des contractions.
Mercredi 26 mars 2008
Ce matin ça va beaucoup mieux : plus mal du tout.
Ce soir, 20h, ça recommence de plus belle. Rodolphe s’inquiète un peu, il veut que j’appelle la maternité. Moi je préfère qu’on mange nos pizzas, de peur qu’ils me demandent d’aller faire un contrôle et qu’on n’aie pas le temps de les manger :-) C’est vrai quoi, c’est important les pizzas ! Après avoir devoré nos pizzas, Rodolphe me propose d’aller prendre un bain chaud, ça allait peut être passer... ok, j’y vais.
Rodolphe regarde le foot à la télé. Je l’appelle pour lui demander de regarder sur internet combien de temps ça dure des contractions. Mais je suis quand même convaincue que « Non, non, ce n’est pas des contractions ça ». Rodolphe revient 5min plus tard avec l’info : quand le travail commence les contractions peuvent durer de 30 à 45 secondes. On chronomètre : mes douleurs reviennent régulièrement, toutes les 4 ou 5 minutes, voire moins, ça dure de 30 à 45 secondes à chaque fois. Ca serait ça des contractions ? Non ! On m’a toujours dit que quand j’en aurai je le saurai. Et là… j’ai pas du tout l’impression d’en avoir ! « Contraction » moi ça me fait penser à ce qu’il se passe dans tes muscles quand tu vas chez le kiné et qu’il te colle des électrodes comme sur les mannequins du télé shopping (celles qui sont maigres mais qui veulent maigrir). Quand la décharge part, tu sens vraiment ton muscle qui se contracte. Là ça ne me fait pas du tout cette impression.
Ca fait presque heure que je suis dans la baignoire… et nous voilà, Rodolphe et moi, en train de discuter sur la possibilité que le truc que je sens depuis plus d’un moins puisse ou non être des contractions… et pendant qu’on discute, tout d’un coup :
- Rodolphe : « Là tu vas avoir mal. »
- Moi : « Quoi ? Q’est-ce que tu racont… Arg……. »
- 30 à 45 secondes plus tard, moi : « Comment tu l’as su que j’allais avoir mal ??? »
- Rodolphe : « Ton ventre s’est tout déformé et on a vu la forme du bébé »
- Moi : « Pffff ! N’importe quoi ! »
- 4 à 5 minutes plus tard, Rodolphe : « Là ! Regarde ! »
- Moi : « Oh ! Purée ! C’est vrai ! Arg……. »
- 30 à 45 secondes plus tard, moi : « Ah ouais, t’as raison, mais alors c’est des contractions ? »
- Rodolphe : « J’en sais rien »
- Moi : « Mais on m’avait dit que je le saurai quand j’en aurai ! »
- Rodolphe : « Attention, ça arrive ! »
- Moi : « Oh, la poisse… arg……. »
- 30 à 45 secondes plus tard, moi : « Bon, qu’est-ce qu’on fait ? »
- Rodolphe : « Bah j’en sais rien… on va à la maternité ? … ou bien on n’y va pas ? … on les appelle ? … ou bien on ne les appelle pas ? »
Bref, je vous passe la loooongue discussion sans grand intérêt. Pour finir on décide quand même que Rodolphe va finir de préparer la valise (eh non, on n’est pas des personnes très organisées qui ont la valise de la maternité prête dès le 6ème mois). Je donne mes ordres depuis la baignoire, Rodolphe exécute : « Ramasse tous les bodys que tu trouves, une brosse à dents, l’huile à l’arnica, ma carte d’anesthésie… » « Je la trouve pas ! » « En haut, dans mes papiers » J’entends Rodolphe qui cherche, les 4 à 5 minutes du début deviennent plutôt 3 à 4 minutes… puis je n’entend plus rien. « Rodolphe !!! tu fais quoi ??? » « Oups ! Je regardais le foot ! » J’hallucine, je suis peut être en train d’accoucher dans la baignoire et monsieur regarde le foot... :-)
Bref, je sors de la baignoire (enfin… Rodolphe me sort de la baignoire), je me sèche, je m’habille, on sort de chez nous, je re-rentre pour aller dans la cuisine ramasser tous les biscuits que je trouve, et on part pour de bon. Une fois arrivés à l’hôpital on se trompe de porte : la nuit il faut rentrer par les urgences, à l’autre bout de l’hôpital. On fait 40 pauses sur le chemin, le temps que les contractions passent (à ce stade là, on est pratiquement sûr que c’est des contractions mais également pratiquement sûr que c’est une fausse alerte et qu’on va à l’hosto pour rien). Moment inoubliable : la pause contraction au milieu du terre plein central du parking de l’hôpital, au milieu des crottes de chien.
23h30 : on arrive enfin à la maternité. On m’examine : col dilaté à 4 ou 5 cm ! C’est pour cette nuit ! C’était bien des contractions…
Conclusion : ne JAMAIS croire ceux qui disent que quand on a des contractions on sait que c’est des contractions : j’en ai eu pendant plus d’un mois sans le savoir !
Suite de l’aventure au prochain numéro.












