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Fin aout, début septembre : Charlie-crevette est grognon, fait des colères, râle beaucoup, est pénible à table.

"Les gens" disent : c'est la crise des deux ans, ça va passer. Ou alors : faites attention, si vous vous laissez faire, il va vous bouffer, c'est à vous d'imposer les règles, une bonne fessée de temps en temps, ça ne lui ferait pas de mal, c'est juste pour faire son intéressant, il veut vous faire tourner en bourrique, punissez le, moi de mon temps ça ne ce serait pas passé comme ça et patati et patata...

Nous, on ne voit pas les choses comme ça : pleurer à chaudes larmes ou ne rien avaler de la journée juste pour embêter ses parents, on n'y croit pas trop, et on croit encore moins que le frapper puisse arranger les choses. On le trouve constamment fatigué.

Septembre - début octobre : Dans nos discussions se succèdent toutes sortes d'interprétations possibles : le retour de vacances, le méchant rhume, le fait que Rosie pleure la nuit, la pleine lune, peut être un genre de dépression dû à l'arrivée de Rosie dans la famille...

Beaucoup de gens dans notre entourage trouvent qu'il a petite mine (voire une mine complètement abattue), il s'allonge régulièrement par terre avec son doudou pendant de longues minutes, il décide parfois en plein milieu du repas ou d'une activité d'aller se reposer dans son lit, où on le retrouve endormi à peine 2 minutes plus tard... Il se couche complètement épuisé et se réveille toujours aussi fatigué, parfois même en pleurant parce qu'il voulait encore dormir (mais il n'y arrive pas). Il n'a plus aucune envie, même les choses qui lui plaisaient avant ne lui disent plus rien. Il n'a même plus vraiment la force de marcher, encore moins de monter les escaliers.

Et bizarrement, mine de rien, on s'est habitués à ça, c'est venu petit à petit et on ne s'est pas vraiment rendu compte du coté anormal de la chose.

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14 octobre : On se dit que ça a trop duré, que toutes les explications qu'on a pu trouver, même s'il elles peuvent toutes être un peu recevables ne justifient pas la grosse fatigue qu'il semble se trainer. Et surtout, malgré les nombreuses heures passées à discuter entre parents crevette, nous n'avons toujours pas l'ombre d'une solution pour aider Charlie. On se rend donc chez notre médecin.

Effectivement, elle trouve qu'il a une toute petite tête, et dit que la fatigue chez l'enfant, ce n'est pas normal, que si les parents s'en rendent compte, c'est qu'il y a quelque chose. On va faire un bilan à l'hôpital.

18 octobre : Patchs anesthésiants sur les deux bras dès le réveil à 7h du matin, pipi dans un bocal, pas de p'tit dej, rendez vous à 8h30 à l'hôpital, attente un peu longue... prise de sang. Et enfin : p'tit dej dans les couloirs de l'hôpital. Charlie a été très courageux et s'est laissé faire.

Premiers résultats l'après-midi : son foie est patraque mais on ne sait pas pourquoi, on attend les résultats des analyses qui sont parties à Lyon... une semaine après : résultats des analyses, puis re-prise de sang le 25 octobre (re-patchs, re-attente etc.)

Notre médecin généraliste est en vacances, on a rendez vous chez la pédiatre le 5 novembre.

5 novembre : Confirmation de la pédiatre : c'est une hépatite virale. Suite aux différentes analyses on sait que ce n'est pas une mononucléose, que ce n'est pas le CMV, ni une hépatite A... bref, on ne sait pas trop quel virus est responsable de l'hépatite, toujours est il que dans les dernières analyses on remarque que son foie s'est remis à fonctionner plein pot, et ça c'est une bonne nouvelle. La mauvaise nouvelle c'est que la convalescence (et donc la fatigue) peut être longue, très longue... 3 mois, 4 mois, 5 mois, 6 mois... on ne sait pas. Il n'y a rien à faire, juste attendre... fractionner les repas s'il a du mal à manger, lui donner des fruits et des jus de fruit frais pour le rebooster un peu... et surtout faire preuve de patience pour l'accompagner au mieux dans cette période difficile.

Et bien tout ça, ça laisse songeur je trouve. Une fois le diagnostic posé on se refait le film en arrière. On revoit toutes les fois où il devait être fatigué et/ou barbouillé et où on n'a pas vu (ou pas voulu voir ?), où on a crié, où on a disputé... dur dur de rester calme parfois. Mais ça nous conforte dans l'idée qu'il est important de faire confiance à nos enfant, de les écouter et de se retirer de la tête qu'il sont là uniquement dans le but de nous manipuler.