Arrivée dans notre chambre de la maternité donc.

Suivie de l’arrivée de papy crevette, tout étonné : « Oh bah ça alors ! Je venais te voir avant de partir (Mon père travaille dans le monde de la musique alors le 20 juin et les jours qui suivent c’est plutôt tendu comme planning) mais je ne pensais pas voir déjà le bébé ! »
Oui, c’est vrai, elle est arrivée drôlement vite, patati patata, on papote un peu…
Papy crevette : « Et maman, elle a vu le bébé ? »
Moi, ce comprenant pas pourquoi il posait cette question : « Bah oui, à la maison avant qu’on parte. »
Papy crevette, interloqué : « … ? »
Moi, sur le ton de l'évidence : « Bah oui, avant qu’on parte avec les pompiers »
Papy crevette : « Les pompiers ??!! »
Moi : « T’es pas au courant ? J’ai accouché à la maison ! »
Non, papy crevette n’était pas au courant ! Quand mamy crevette était partie en direction de chez nous pour garder Charlie mon père dormait. Elle lui a juste dit qu’elle partait garder Charlie, que j’allais accoucher. Puis, ma mère, trop occupée avec Charlie, ne l’avait pas rappelé pour le tenir informé. Il pensait que je commençais tout juste le travail et qu’il y avait encore du temps avant l’arrivée du bébé. Pour Charlie ça avait duré une bonne douzaine d’heures… sacré surprise donc.

Charlie nous rejoindra peu après à l'hôpital avec mamie crevette qui a pris soin de lui préparer un bon petit déjeuner. Rencontre timide avec sa petite sœur. Charlie est content. Charlie a peur des pleurs du bébé. Quand elle pleure, il pleure aussi et demande à quitter la chambre. Il s’habituera par la suite.

Bébé n’a pas eu de prénom la première journée. Gros dilemme entre Rosie et Aglaé.
Pour Charlie, j’ai mis du temps après sa naissance avant de m’habituer à son prénom (que j’aimais pourtant). Ça me faisait tout bizarre de le prononcer, d’ailleurs je l’appelais presque tout le temps « Loulou ». 
Mais là, dès les premiers mois de ma grossesse, une certitude étrange : mon bébé s’appelle Rosie. C’était une évidence.
A la maison, quand elle est née et que Rodolphe l’a posée sur mon ventre, la première chose qui m’est venue à l’esprit c’est quelque chose du genre « Oh ! Tient ! C’est Rose ! » (et pas Rosie) Un peu comme quand on croise quelqu’un qu’on connaît dans la rue. On sait qu’il s’appelle Jean par exemple et on associe son visage à son prénom. C’est Jean. Pas besoin de réfléchir.
Rodolphe n’aimait pas "Rose" (Rodolphe n’aime pas les prénoms qui sont aussi des objets, des fruits, des fleurs…)
Rodolphe n’aimait pas Rosie au début mais il a apprivoisé ce prénom à force de m’entendre le prononcer durant toute la grossesse (Et « Rosie » c’est chouette comme prénom, non ? T’aimes pas « Rosie » comme prénom ? Moi « Rosie » j’aime bien etc.)
Le soir le choix était évident. Ce serait Rosie.
Seul petit regret : Charlie aimait tellement le prénom « Aglaé »

Visites incessantes
des sages-femmes, auxiliaires, aides soignantes et j’en passe… exemple : soirée difficile, Rosie a du mal à s’endormir mais ça y est elle dort contre moi, on est bien, je m’endors. 22h : toc ! toc ! toc ! Entrée fracassante dans la chambre. A voix haute : « Bonsoir, je suis la sage-femme de l’équipe de nuit. Vous n’avez besoin de rien ? » (Si de paix !) Rosie est réveillée… je l’aide à se rendormir. C’est bon. 23h : toc ! toc ! toc ! Nouvelle intrusion. « Je viens prendre la température de votre bébé ». Rosie est de nouveau réveillée par un truc désagréable venant s’immiscer dans son oreille. Grrrr… je l’aide de nouveau à se rendormir. Je m’endors aussi, enfin. 6h du matin : toc ! toc ! toc ! « Bonjour !!! Température ! » 7h : toc ! toc ! toc ! Petit déjeuner ! 8h : toc ! toc ! toc ! Prise de tension pour moi.
9h : toc ! toc ! toc ! Le bain. 10h : toc ! toc ! toc ! Test auditif pour bébé etc. Bébé fatigué maman énervée…

Naissance le dimanche matin. Sortie le mercredi. Envie de sortir bien avant mais pas envie de se battre. Pas envie d’un signalement à la PMI. Échographie (hanches et reins) et visite du pédiatre prévue le mercredi matin. Remarque désagréable du pédiatre : « Ça porte son enfant 9 mois et ça veut sortir au bout de 3 jours » je ne vois pas le rapport.

Plus envie de m’attarder sur les points noirs de notre accouchement. Le feuilleton s’arrête donc là. Je garde surtout en tête les bons souvenirs : la venue au monde de Rosie chez nous et entre nous. Deux sensations :
-    Toucher ce petit corps tout chaud, tout lisse, tout doux et glissant.
-    Voir ses grands yeux bleus s’ouvrir et me fixer.
Être là tous les trois. Ça c’était magique et ça vaut la peine d’être mémorisé. Le reste… oublions. Rien de grave après tout… quoi que…