Mardi 25 mars 2008

Ce soir j’ai drôlement mal dans le bas du dos, sans doute ma sciatique et mes lombaires qui s’y remettent… et aussi un peu dans le bas du ventre. Douleurs ligamentaires dixit Gygy, la gyneco. Des fois ça me lance et ça fait hyper mal… mais ça finit toujours par se calmer. Je passe une nuit d’enfer. Je me réveille 44 fois.

Ça m’avait déjà fait ça il y a quelques semaines : j’avais eu drôlement peur parce que je croyais que j’allais accoucher et Rodolphe n’était pas là : dans le train au beau milieu de la France. Je m’étais même dépêché de laver des vêtements pour la crevette :-) Mais en fait ça c’était arrêté tout seul : selon gygy, au vu de mes descriptions, ce n’était pas des contractions.


Mercredi 26 mars 2008

Ce matin ça va beaucoup mieux : plus mal du tout.

Ce soir, 20h, ça recommence de plus belle. Rodolphe s’inquiète un peu, il veut que j’appelle la maternité. Moi je préfère qu’on mange nos pizzas, de peur qu’ils me demandent d’aller faire un contrôle et qu’on n’aie pas le temps de les manger :-) C’est vrai quoi, c’est important les pizzas ! Après avoir devoré nos pizzas, Rodolphe me propose d’aller prendre un bain chaud, ça allait peut être passer... ok, j’y vais.

Rodolphe regarde le foot à la télé. Je l’appelle pour lui demander de regarder sur internet combien de temps ça dure des contractions. Mais je suis quand même convaincue que « Non, non, ce n’est pas des contractions ça ». Rodolphe revient 5min plus tard avec l’info : quand le travail commence les contractions peuvent durer de 30 à 45 secondes. On chronomètre : mes douleurs reviennent régulièrement, toutes les 4 ou 5 minutes, voire moins, ça dure de 30 à 45 secondes à chaque fois. Ca serait ça des contractions ? Non ! On m’a toujours dit que quand j’en aurai je le saurai. Et là… j’ai pas du tout l’impression d’en avoir ! « Contraction » moi ça me fait penser à ce qu’il se passe dans tes muscles quand tu vas chez le kiné et qu’il te colle des électrodes comme sur les mannequins du télé shopping (celles qui sont maigres mais qui veulent maigrir). Quand la décharge part, tu sens vraiment ton muscle qui se contracte. Là ça ne me fait pas du tout cette impression.

Ca fait presque heure que je suis dans la baignoire… et nous voilà, Rodolphe et moi, en train de discuter sur la possibilité que le truc que je sens depuis plus d’un moins puisse ou non être des contractions… et pendant qu’on discute, tout d’un coup :

- Rodolphe : « Là tu vas avoir mal. »
- Moi : « Quoi ? Q’est-ce que tu racont… Arg……. »
- 30 à 45 secondes plus tard, moi : « Comment tu l’as su que j’allais avoir mal ??? »
- Rodolphe : « Ton ventre s’est tout déformé et on a vu la forme du bébé »
- Moi : « Pffff ! N’importe quoi ! »
- 4 à 5 minutes plus tard, Rodolphe : « Là ! Regarde ! »
- Moi : « Oh ! Purée ! C’est vrai ! Arg……. »
- 30 à 45 secondes plus tard, moi : « Ah ouais, t’as raison, mais alors c’est des contractions ? »
- Rodolphe : « J’en sais rien »
- Moi : « Mais on m’avait dit que je le saurai quand j’en aurai ! »
- Rodolphe : « Attention, ça arrive ! »
- Moi : « Oh, la poisse… arg……. »
- 30 à 45 secondes plus tard, moi : « Bon, qu’est-ce qu’on fait ? »
- Rodolphe : « Bah j’en sais rien… on va à la maternité ? … ou bien on n’y va pas ? … on les appelle ? … ou bien on ne les appelle pas ? »

Bref, je vous passe la loooongue discussion sans grand intérêt. Pour finir on décide quand même que Rodolphe va finir de préparer la valise (eh non, on n’est pas des personnes très organisées qui ont la valise de la maternité prête dès le 6ème mois). Je donne mes ordres depuis la baignoire, Rodolphe exécute : « Ramasse tous les bodys que tu trouves, une brosse à dents, l’huile à l’arnica, ma carte d’anesthésie… » « Je la trouve pas ! » « En haut, dans mes papiers » J’entends Rodolphe qui cherche, les 4 à 5 minutes du début deviennent plutôt 3 à 4 minutes… puis je n’entend plus rien. « Rodolphe !!! tu fais quoi ??? » « Oups ! Je regardais le foot ! » J’hallucine, je suis peut être en train d’accoucher dans la baignoire et monsieur regarde le foot... :-)

Bref, je sors de la baignoire (enfin… Rodolphe me sort de la baignoire), je me sèche, je m’habille, on sort de chez nous, je re-rentre pour aller dans la cuisine ramasser tous les biscuits que je trouve, et on part pour de bon. Une fois arrivés à l’hôpital on se trompe de porte : la nuit il faut rentrer par les urgences, à l’autre bout de l’hôpital. On fait 40 pauses sur le chemin, le temps que les contractions passent (à ce stade là, on est pratiquement sûr que c’est des contractions mais également pratiquement sûr que c’est une fausse alerte et qu’on va à l’hosto pour rien). Moment inoubliable : la pause contraction au milieu du terre plein central du parking de l’hôpital, au milieu des crottes de chien.

23h30 : on arrive enfin à la maternité. On m’examine : col dilaté à 4 ou 5 cm ! C’est pour cette nuit ! C’était bien des contractions…

Conclusion : ne JAMAIS croire ceux qui disent que quand on a des contractions on sait que c’est des contractions : j’en ai eu pendant plus d’un mois sans le savoir !


Suite de l’aventure au prochain numéro.