Aujourd’hui Rodolphe et moi (et la crevette, malgré elle), on avait rendez-vous avec une sage-femme, à la maternité pour un « entretien du 4ème mois ». Gygy la gynéco nous avait expliqué que c’était un entretien qui permettait à la sage-femme de nous donner toutes les infos dont on avait besoin et de poser toutes les questions qui nous trottent dans la tête. Un moment d'échange quoi. Chouette.

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Juste pour que vous compreniez un peu mieux la suite, je fais un petit « flash back » de 25 années en arrière. On est en 1982. Je ne suis encore qu’une petite crevette dans le ventre de ma maman. On est le 23 janvier et c’est le jour que j’ai choisi pour montrer le bout de mon nez. Il est 18h… seulement, 18h c’était pas le bon moment : changement d service. Les sage-femmes qui terminent à 18h sont déjà parties. Celles qui commencent à 18h ne sont pas encore arrivées. Mes parents se retrouvent tous seuls dans la salle d’accouchement. Et moi, comme personne ne m’a prévenue que ce n’était pas l’heure de sortir et bien je commence à arriver sérieusement. Mon papa court dans tous les sens dans les couloirs de l’hôpital : « Ma femme est en train d’accoucher !!! Y’a quelqu’un ??!! Ouh Ouh !!! » Y’a personne. Et moi je continue mon p’tit bout de chemin. Au bout d’un moment, quand même, une sage-femme arrive. Seulement comme c’est la journée « pas-de-bol » ma p’tite tête est trop grosse. Ca ne passe pas. Episiotomie en urgence. Mais ma tête est déjà bien engagée... Les ciseaux dérapent.
C'est de cet instant là que date la fameuse (et affreuse) cicatrice que j’ai dans les cheveux et qui fait que je n’aurai jamais les cheveux courts. Après quoi j’ai ENFIN pu sortir (Ouf !). Ma pauvre maman, elle, est encore restée un bon moment toute seule sur la table d’accouchement en attendant que quelqu’un veuille bien venir la recoudre.

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Retour en 2007. Mardi 30 octobre. 13h30. Nous voilà partis tous les 2 pour ce fameux entretien… Sage-femme austère, étrange. Elle commence à remplir un formulaire mais a du mal à écrire son propre nom. Elle hésite, elle semble perturbée… et ça continue pendant tout l’entretien. Elle nous pose quelques questions d’usage (Si c’est un bébé désiré, si on a un endroit pour vivre, si on se drogue…et même une question qu’on a absolument pas comprise). Et puis après… grand blanc. On suppose qu’elle attend qu’on lui pose des questions. Alors on lui en pose. Elle répond par oui ou non. Elle nous demande si on a d’autres questions. On se creuse la cervelle. On en trouve une autre. Elle répond à côté. Bref, elle ne nous donne aucune infos et répond à peine aux questions qu’on réussit à lui poser (Bah oui pour nous c’est tellement abstrait et lointain que c’est comme si on nous demandait de poser des questions sur la vie des mouches schizophrènes de Nouvelle-Guinée). Enfin bref après une demie heure assez éprouvante on ressort tout perplexes de cet entretien. Rodolphe : « On aurait mieux fait de pas y'aller » Leni : « Ouais ». 

Mardi 30 octobre 2007. 20h. Je téléphone à ma maman. Je lui raconte l’entretien. Je lui donne le nom de la sage-femme… Maman : « Quoi ? C’est celle qui m’a laissé avec les jambes en l’air dans la salle d’accouchement et qui t’a fait un trou dans la tête ! Le jour où tu accouches si c’est elle qui est de garde, tu te retiens ! »